POUR LAMOUR DE MA FILLE

 

Sous la pluie battante de ce froid matin d’automne

J’attends ici sa venue qui mettra fin à mon calvaire

Cette impression d’une punition au teint autonome

A chacun des jours qui ont percé de mon âme la chair

 

C’était il y a 10 ans, en ce printemps habituellement joyeux

Ma fille, ma joie de vivre à chacune des étapes de ma vies

Celle qui parvenait d’un sourire à effacer mon air anxieux

Elle aussi qui me rappelait tant mon épouse trop vite partie

 

Je me rappelais son franc-parler et son insouciance charmante

Nos fous rires à la fin de nos jeux où je trichais délibérément

Déclenchant son ire pour avoir trahi notre heure dilettante

Après quoi je me confondais en excuses, moi le père-enfant

 

Puis vint ce jour funeste, où, l’espace d’un court instant

Alors qu’elle se tenait à côté de moi sur ce noir trottoir

J’ai relâché ma surveillance, pour rattacher un lacet ballant

Au moment même où une voiture aux airs d’ange noir

 

Faucha à la fois son sourire, sa joie et toute son existence

Je me relevais trop tard, criant de douleur de tout mon corps

En la découvrant gisant sur le sol, froide, refusant l’évidence

 

Je l’ai serré dans mes bras, accusant le ciel de sa mort

 

Combien de temps ai-je pleuré ce jour-là, je ne sais plus

Je me souviens seulement du policier venu ensuite chez moi

Après les obsèques éprouvantes de mon petit ange disparu

Pour m’indiquer l’arrestation du maudit meurtrier par la loi

 

Après ça, j’ai sombré dans un désespoir froid et morose

M’enfermant chez moi, devenant une loque humaine

Je survivais, je ne vivais plus que pour une seule chose

Me venger de l’homme qui avait fait de ma vie une chaîne

 

A force de recherches, j’ai appris le jour et l’heure de sa sortie

J’ai pu me procurer par le DarkWeb l’arme de la délivrance

Qui parviendrait à soulager toute ma peine et ma lente agonie

En effaçant de la surface de la Terre cette ignoble engeance

 

Enfin, il sortit, avec son air enjôlé, ce qui augmenta ma colère

Mes gestes dépassant la raison,  je traversais la rue diaphane

Et sans la moindre hésitation, je fis aussitôt gronder le tonnerre

Plongeant la balle de ma justice en plein milieu de son crâne

 

Aujourd’hui, je vis dans le cloître de ce sombre palais

Respecté pour mon geste par ceux qui me comprennent

M’entourant comme des fidèles, une armée de laquais

D’ombre humaine, je suis devenu figure luciférienne

 

FABS

Extrait de mon recueil “Idées Noires”, disponible à l’achat sur le Site Edilivre.com depuis le 25 Mars 2020.

https://www.edilivre.com/idees-noires-fabs.html/

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