Il y a eu deux facteurs : le premier, c’est mon goût pour l’imaginaire, depuis ma plus tendre enfance. Je le dois sans doute en partie à mon grand-père qui passait des heures à inventer des histoires qu’il me racontait. Seule, je m’inventais des mondes, des personnages, des aventures… Beaucoup d’enfants font de même. Mais chez moi, c’est resté en grandissant. Au point de subir quelques reproches de la part des “adultes” (proches et enseignants) : “sors de ton monde imaginaire”, “remets les pieds sur Terre”, “arrête de rêvasser”… Tant pis, j’ai continué, parce que j’en avais besoin, et sans doute avais-je senti que chacun cherche l’évasion à sa manière. L’imagination n’est pas pire qu’une autre, me semble-t-il, au contraire.
 
Le second élément qui m’a poussée vers l’écriture a été la découverte de la lecture. Une révélation. J’ai appris à lire tôt, peut-être pour être autonome dans l’accès à tous ces mondes qui s’ouvraient à moi. J’ai aimé les mots, leur sonorité, le contact physique d’un livre, le bruit des pages que l’on tourne, même l’odeur du papier (je reniflais les livres !).
 
Bon, il y avait l’imagination d’un côté, l’amour des mots de l’autre… La suite était inéluctable, je pense. Imaginer, aimer les livres… Pourquoi ne pas écrire ses propres histoires ? Je griffonnais de petites nouvelles de deux ou trois pages à dix ans, inspirée par les animaux du quartier (chiens, chats… je réinventais leur existence en les humanisant un peu) ou des histoires de fantômes, de créatures magiques.
A l’adolescence, pas de journal intime : j’ai toujours préféré la fiction, autrement plus excitante, à la simple réalité quotidienne. Ma propre vie ne m’inspirait pas ! Alors j’écrivais des poèmes, juste pour extérioriser des émotions, des colères, des peines, en les sublimant.
 
Jeune adulte, j’ai commencé à écrire des débuts de romans, dont aucun, jamais, n’a atteint la page finale ! Les idées venaient vites mais, un peu à la manière d’un soufflé, elles retombaient rapidement, sans donner matière à un livre complet (j’ai toujours du mal à me canaliser, aujourd’hui encore j’écris au fil de la plume, sans connaître moi-même la fin de l’histoire !). Pas grave, j’écrivais pour moi, personne n’avait accès à mes histoires (contrairement à celles écrites pendant l’enfance que je faisais lire volontiers à mes proches).
 
“Tuer n’est pas vivre” a commencé ainsi, des idées, des personnages qui me sont venus, je ne sais pas trop d’où. Les péripéties se sont enchaînées, j’ai développé, développé… Pour une fois, j’avais matière à réaliser une histoire complète. Mais toujours pas question de faire lire mes textes : lire c’est se mette à nu, s’exposer à la critique, au jugement pas toujours bienveillant… J’écrivais par plaisir, pas pour prendre ce risque. C’était confortable.
 
Il a fallu un “passage à vide”, une grosse déprime, pour que, lors d’une discussion, une personne avisée me conseille de développer mon goût pour l’écriture et “d’en faire quelque chose” en passant à une étape supérieure : la publication. Elle m’a également parlé de l’auto-édition… J’ai hésité quelques jours, puis j’ai sauté le pas, avec l’idée suivante “si seulement UN lecteur prend du plaisir à lire mon roman, de la même manière que j’ai pris du plaisir en l’écrivant, alors ça aura valu la peine.” Plusieurs lecteurs, je crois, ont apprécié mon roman… Je ne regrette absolument pas le travail supplémentaire fourni, nécessaire quand on veut proposer un livre de qualité aux lecteurs.
Le plaisir d’écrire se mêle aujourd’hui à la richesse de cette aventure qu’est l’auto-édition, pleine de découvertes et d’apprentissages. Une belle expérience en tout cas !

 

Partagez :

Charlotte ADAM

Charlotte ADAM

Je me suis lancée dans l’écriture très jeune, pour mon seul plaisir tout d’abord, puis dans la publication en auto-édition en juillet 2017.