Mascarade – Extrait 12 – Chapitre XII – Le prince des merciers

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« Le groupe coloré et bruyant se reforma à la porte de la boutique pour investir les lieux d’un seul mouvement. Le cœur d’Isabelle battait la chamade. Elle devait s’efforcer de jouer l’étrangère découvrant les lieux et son propriétaire pour la première fois. (…)
La porte de La belle Florentine à peine poussée, la voix chantante de Sandra entonna le sempiternel « Ciao mio Giuliano ! », et toutes les jeunes filles d’envahir en trombe en riant l’espace vite trop petit. (…)
– Giuliano, avant toute chose, nous dévons té présenter la nouvelle suivante dé la reine, Isabelle dé Coulanges ! annonça Sandra à la cantonade. (…)
– Bonjour, mademoiselle de… Coulanges, dit Julien en hésitant à dessein sur le nom de la jeune fille. Bienvenue au royaume du colifichet et des dentelles ! Demandez et vous serez servie ! déclama-t-il.
– Bonjour, monsieur… Desaubrais, répliqua Isabelle, suivant ses brisées. Je vais laisser mes compagnes choisir et me guider car je… je ne m’y entends guère en ce domaine, avoua-t-elle, donnant ainsi le feu vert aux demoiselles qui trépignaient derrière elle et, à ces mots, se ruèrent sur le comptoir.
Ce fut à qui réclamerait des peignes, un éventail, de la dentelle, du ruban, un miroir, du fil à broder, des aiguilles, ce raz de marée piaillant et gesticulant repoussant pour son bonheur Isabelle, sur le devant du magasin. (…)
– Et vous, mademoiselle, ne désirez-vous rien voir ?
Elle sursauta et se retourna pour croiser son regard qui la défiait, le sien affichant fureur et crainte. Pourquoi diable l’appelait-il sur le devant de la scène ? (…)
– Oh oui, Isabelle, viens admirer ces merveilles ! la pressa Armande.
Et le groupe de s’écarter pour la laisser passer, Julien la considérant avec un brin d’amusement. (…)
– Oh c’est que notre Isabelle affectionne davantage les armes que les choses de la toilette ! fit remarquer Françoise, mettant tout fiel son grain de sel.
– Dans ce cas, j’ai peut-être ce qu’il vous faut, mademoiselle, déclara Julien d’un ton tout professionnel.
Il sortit alors de dessous le comptoir une boîte et la posa devant elle. Il en retira délicatement le couvercle et toutes les têtes se penchèrent en chœur au-dessus de la « chose » ainsi dévoilée. (…)
– Regarde Isabelle ! lui dit Armande. C’est tout à fait ce qu’il te faut.
Julien lui présenta un écrin de velours noir renfermant une petite dague dans son fourreau, agrémentée d’une courroie permettant de l’attacher à la cuisse ou au mollet. (…)
C’était l’exacte réplique d’une épée, sa petite sœur avec un délicat pommeau ciselé. (…)
– Je vous l’offre, mademoiselle, en cadeau de bienvenue dans notre ville de Blois, s’entendit-elle dire. (…)
– Allez Isabelle, un baiser, un tout petit sinon tu te feras un ennemi de notre gentil mercier ! lui souffla Armande.
– Un baiser ! Un baiser ! reprirent en chœur les demoiselles. (…)
– Et il fallait voir, Votre Majesté, Isabella devenoue cramoisie d’avoir embrassé notre David ! s’exclama Sandra au comble de l’excitation. (…)
Son pied installé sur un tabouret, Isabelle releva sa robe, permettant à Sandra de passer la lanière de cuir autour de sa cuisse et à toutes d’admirer la surprenante jarretière.
– Nous aurions dou démander à notre Giuliano dé la fixer loui-même sour ta jambe ! C’est loui pour lé coup qui sérait devénou aussi rouge qu’oune pivoine ! lança-t-elle, riant à l’évocation de la scène.
La reine donna un petit coup d’éventail sur la coiffe de l’effrontée et toutes les suivantes s’esclaffèrent. »
Mascarade – Chapitre XII – Le prince des merciers
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Bonne lecture ! 🙂
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Catégories : Extrait de livre