LIRE LES HERBES – un roman où l’énigme est de chercher l’Autre derrière ses facettes et parfois sa douloureuse absence…

LES HERBES CACHERAIENT-ELLES LA FORÊT ?

Ce n’est plus la saison des herbes folles et gaies qui dansent dans le vent, c’est plutôt celle des feuilles mortes et celles-là elles s’enfuient dans le vent, alors un grand merci à Daniel pour sa lecture de mes HERBES * d’été et pour ce joli commentaire :

« J‘aimerais lui donner un sous-titre : « À la recherche de l’enfance perdue », tant le fantôme de Proust rôde dans ce texte. J’ai beaucoup aimé la poésie du texte, la richesse du langage et la beauté des images.

Ce livre devrait être dans tous les ateliers d’écriture, un modèle du genre à propos des séquences, paperolles, petits papiers, écriture en miroir, en abîme… »

Des herbes plus de saison ? Oui et non. Je viens de retrouver un texte que j’écrivais au mois d’avril alors que j’étais plongée dans la longue, lente, minutieuse relecture des HERBES mais où j’essayais de me délasser avec un peu de travail à l’atelier sur une de mes « encres » et voici ce que je disais de ce travail : « Je pensais vaguement l’appeler « Automne malade » en référence au titre d’un poème d’Apollinaire qu’il m’évoquait et finalement c’est un passage des HERBES en relecture qui l’a éclairé : « La traversée de la forêt ». « Traversée de la forêt » donc il sera. »

Alors je viens d’aller relire ces passages qui évoquent la forêt, l’un où le narrateur poursuit le personnage insaisissable d’une sœur disparue qui parle de lui ainsi : « Il traverse une forêt d’échos, trompé par l’un, appelé par un autre, une forêt de sons déchirés.(…) La trace avance, traverse une forêt bruissante, brûlante. Sous chaque pas, une couvée de feu.

Alors, pour me saisir, il lui faut saisir chaque mot comme un oiseau blessé. Beaucoup de temps, de patience et d’amour pour le ranimer. »

Ou celui-ci où parle cette fois le narrateur :

« Qui était-elle ? Voilà ce que vous laissent ceux qui disparaissent : des énigmes. Mais la véritable erreur est de penser résoudre un jour celles des êtres aimés. Parfois elle pénétrait dans sa « forêt » – disait-elle –, passait de longues heures sous ce qu’elle appelait sa « couverture de silence », en des lieux où elle tenait tête à elle-même et au monde, des lieux où nul n’existait plus pour elle. »

Oui, les herbes folles de l’été dans ce roman mais aussi la forêt sombre, inquiétante, voire menaçante, je l’avais oubliée, celle qui demande une « recherche« , oui, de soi et de l’autre.

Étrangement je n’avais pas encore bien vu cette double recherche de l’héroïne, l’une lumineuse et l’autre nocturne. Où il est bien prouvé que l’auteur est le dernier avisé de ce qu’il a voulu dire…

En ces temps que nous traversons, c’est davantage le côté difficile, douloureux de la recherche de l’autre qui m’apparaît mieux….

Le voici illustré ci-dessous toujours par les herbes de la Boutonne de l’enfance mais plus sombre avec cette entrée caverneuse des sous-bois cachés…

*LES HERBES – roman paru aux éditions du Lys bleu fin avril 2020

Disponible dans toutes les petites librairies sur commande – si vous avez la chance en ce moment d’avoir un libraire qui peut vous le faire parvenir, évidemment aussi sur le site des éditions du Lys bleu en suivant ce lien :

Les herbes

et dans les grandes surfaces bien sûr… Mais privilégions les libraires !

 

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