« Liberté et perfection – la vie de Yané Sandanski » est un livre écrit en deux tomes par le Dr en histoire Mercia Macdermott, spécialiste de l’histoire des Balkans.

Les héros sont très peu connus des lecteurs français, alors que les événements qui y sont décrits concernent aussi bien la France que les autres Grandes puissances, car l’écrivain ne s’arrête pas uniquement sur ce qui se passe sur les Balkans. Elle nous démontre avec maestria de quelle façon les événements qui s’y déroulent sont liés au Congrès de Berlin, au Pacte San Stéfan, à l’Affaire Mrs Stone (mondialement connue et qui dépasse les frontières de l’Europe), etc.

Pour écrire le présent oeuvre Mercia Macdermott utilise des archives privées et des archives nationales, et va sur les pas des héros d’autrefois. Elle les présente dans un chef d’oeuvre qui a été prisé en Bulgarie.

Le personnage central Yané Sandanski est un révolutionnaire qui, sans avoir besoin de titre militaire ou autre, impose le respect dans tous les milieux. Il est craint, respecté, obéi… C’est un meneur hors pair! Où qu’il apparaisse le silence s’instaure et tout le monde attend de connaitre ses ordres. Le champ d’action se situe sur les Balkans, zone peu connue, ce qui est d’ailleurs une des raisons principales pour lesquelles l’auteur décide d’écrire plusieurs livres concernant cette partie du monde. Plusieurs décorations ont été décernées à Mercia Macdermott et les tirages de ses livres s’épuisent dans toutes les langues de leurs publications.

Et si le lecteur français ne connait pas pour le moment Yané Sandanski, il connait sûrement Alexandre le Grand, ou celui-là même le fils de Philippe de Macédoine. C’est exactement là sur ces mêmes terres que se déroulent les événements. Et l’idée de Yané quelle est – elle? Finalement celle-là même que celle d’Alexandre le Grand. Autrement dit que l’on soit libre!!!

C’est une idée qui se transmet d’une génération à une autre. Chaque génération accouche d’un meneur qui reprend le flambeau pour continuer à porter cette idée et prendre les risques nécessaires pour arriver à bout et libérer les terres occupées par les ennemis et libérer tous ceux qui ne le sont pas encore.

Alors, si Alexandre le Grand n’a pas réussi à libérer le monde entier concentrons – nous pour l’instant sur un petit « bout » du monde que constitue la Bulgarie et laissons-nous porter par les lignes de ce livre écrit sur des faits réels et des archives dans un style très fluide et accessible et soyons témoins de ce qui s’y passe.

« En juillet 1879 la majorité des Bulgares quittent la ville de Gorna Djumaya en direction du Royaume de Bulgarie (la Bulgarie est morcelée à cette époque). Lorsqu’ils étaient partis, quelques vétérans du soulèvement de Krésna ont tout de même préféré incendier le quartier bulgare de la ville, au lieu de le laisser tomber entre les mains des Turcs qui arrivaient. Mais les flammes étaient rapidement éteintes par des soldats russes. Une fois que les choses s’étaient un peu calmées, entre les turcs qui s’étaient enfuis de la ville de Doupnitza à Gorna Djoumaya et les Bulgares qui allaient en sens inverse, il y a eu des ventes et des échanges de biens. Même si la majorité des Bulgares qui quittèrent la ville finissent par s’établir à  Doupnitza, certaines familles bulgares ont tout de même fini par retourner à Gorna Djoumaya, plus tard. Parmi ceu qui finissent par s’établir à Doupnitza était la famille Sandanski, qui à Gorna Djoumaya n’était qu’une famille en migration, et dont le village natal, Vlahi, avait été brûlé lors du soulèvement de Krésna.

Voilà quel était le fond triste de l’enfance de Yané Sandanski et les événements dont il a été témoin personnellement dès son tout jeune âge. Ces événements revenaient souvent dans les conversations et ils étaient discutés en détail par tout le monde dans son entourage pendant qu’il grandissait à Doupnitza. Il était une des nombreuses victimes de l’impérialisme dont le futur n’était pas déterminé par des Parques traditionnelles (Selon une vieilles légende bulgare, le troisième jour après la naissance le bébé était visité par trois êtres mythiques connus sous le nom de Parques, tout comme les fées qui étaient là le jour de son baptême), mais par les grandes puissances réunies à Berlin (lors du Congrès de Berlin qui voulaient se partager pour une fois des pays qui se trouvaient en Europe).

« Il y a des gens qui ont fait des hautes études, certains parmi eux étaient des héritiers de millions d’argent, et se laissaient influencer par le personnage qu’était Yané et se subordonnaient à sa volonté en devenant ses troupiers. Ce n’étaient pas de jeunes hommes ambitieux qui voulaient jouer le rôle derrière le dos d’un voïevode bête comme on aurait pu le penser. Sandanski n’avait pas eu le temps dans sa vie pour une autodidaxie, mais la nature lui avait donné un intellect très fort. Toujours entouré par des personnes éduquées, porteuses d’idées de camps politiques différents, il se mettait à la hauteur de leurs pensées, et atteignait le plus sincère dans leurs égarements et avait l’art de corriger leurs pensées au lieu de capter leur manque de volonté et les subordonner ainsi. »

« Yané aimait la vie et en profitait avec une jovialité enfantine. Il faisait beau, ensoleillé, un jour de printemps lorsque le verre de la vie si généreusement déborde et remplit les coeurs de tout ce qui est vivant. Il était à la fenêtre, regardait et criait « Quelle belle chose que la vie! Comme les gens devraient être heureux! Ce sont de gros salaud ceux qui les rendent malheureux… 

Un turc marche dans la rue, tout en loques, tout penché, avec un fardeau de bois sur le dos. Yané regarde attentivement le turc, réfléchit et puis murmure: « malheureux ». Deux secondes plus tard, rajout: « Vivre c’est se battre, l’esclave pour la liberté, l’homme libre – pour la perfection! » 

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