Autour des Frémissements

Longtemps, l’exégèse flaubergienne, telle ces roses trop belles pour être cueillies, ou ces créatures dont la trop altière beauté décourage les plus hardis prétendants, est demeurée à l’état de jachère. Ces temps sont révolus !

On n’imagine pas aujourd’hui lire Daphnis et Chloé dans une traduction autre que celle de Jacques Amyot. On n’imagine pas s’initier à la poésie d’Edgar Poe en ignorant le travail de Baudelaire. Il n’est désormais plus possible de sérieusement prétendre aborder Myrtho ou les Frémissements du cœur sans l’aide de cet indispensable vade-mecum, suivi de son glossaire, jailli de la grisaille hivernale comme un surgeon printanier, et spirituellement intitulé Le petit Myrthô illustré.

Si la méthodologie frézièrienne demeure classique – on se situe ici, à l’évidence, dans la grande tradition du comparatisme différentiatif –, elle mobilise audacieusement, à travers le prisme du « Web-deux-point-zéro » toutes les ressources de la philologie, de la narratologie, de la séméiologie et de la poétologie pour atteindre son but : rendre intelligibles, au fil de l’eau et au fil du récit, dans leurs successives séquences, les plus subtils effets d’improvisation intertextuelle.

On rencontrera ainsi, parmi bien d’autres :

– Ioannis A. Papadiamantopoulos, autrement dit Jean Moréas, ce délicieux poète de l’immarcescible ;
– quelques pertinents aperçus de métaphysique guénonienne ;
– un icosaèdre ;
– la formule canonique du quaeritur radius diaclasticus ;
– une centauresse ;
– une affiche annonçant une rencontre poétique avec des performeurs toulousains dans un petit théâtre de quartier qui aura très bientôt disparu sous l’inexorable poussée des bulldozers du développement urbain, etc.

Bien mieux : l’exégèse frézièrienne, en cela autant diffusionniste que comparatiste, éclaire et renseigne sur ce que Flauberge elle-même ne savait pas avoir dit !

Disons-le enfin : ce « petit Myrthô », chaussé de ses bottes de sept lieues numériques, que nous devons aux travaux de P. Frézières, accomplit un pas de géant dans la critique flaubergienne.
EC.

Le petit Myrtho illustré

– Par PF –

Il était temps qu’un auteur, qui a l’heureuse intelligence de rester dans l’ombre de notre temps – Ô tempora, ô mores – se saisisse de la charge de rétablir certaines vérités.

Les frémissements de Myrtho y parviennent.

Cependant, dans un moment où on est parvenu à convaincre, voire persuader, certains et tant, que l’on est allé réellement dans la Lune, il est apparu à l’auteur du travail documentaire ci-présent d’amener des compléments d’information sur les éléments de réalité mis au jour par Faustine Flauberge.

L’imbécile regarde surtout le doigt.

Certes, nul n’ignore le poids des mots. Mais face à l’avalanche des « fake news », comme disent les Anglo-Saxons, il se trouverait, à coup sûr, certains esprits – bien que le mot, ici, soit, sans doute, impropre – pour mettre en doute les mises au clair accomplies par l’ouvrage.

Aussi, le modeste artisan du « Myrtho illustré » a-t-il ressenti la nécessité d’ajouter le choc des photos au soutien de la preuve. Chacun sait que celles-ci ne mentent pas. Chaque item, (dont la liste concentrée se trouve à la fin), qui eût pu laisser l’ombre d’un doute sera rendu à l’irréfutable. Passer du sêmeion au tekmerion comme le dit Flauberge, à qui rien n’échappe. Toutefois, à de certains moments, des traces supplémentaires, confortant les évidences, ont été ajoutées, en fin d’étude, issues des méandres de la toile de l’Internet (si l’on autorise ce pléonasme). Les labyrinthes de cet endroit nouveau incarnent, à eux seuls, le renouveau en cours de la civilisation, apportant la liberté et l’authenticité qui avaient quitté nos rivages et dont l’ouvrage au service duquel on a voulu, ici, se mettre, est la marque, selon nous, décisive.

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