La baie du Diable – 10

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⛵ L’Indira arrive dans le port de Saint-Malo … 🌊
« Le navire avait ralenti sa course et venait de laisser sur sa gauche l’île du Petit Bé et son fort puis celle du Grand Bé. Majestueux, il longea sous les nuées grises les imposants remparts masquant la ville et pénétra lentement dans la rade, salué par le cri des mouettes qui fendaient l’air au-dessus de ses voiles. Les curieux qui se promenaient sur les fortifications l’avaient déjà repéré.
Certains plus rapides descendaient quatre à quatre les escaliers de pierre pour rejoindre les quais et être les premiers à l’accueillir.
— L’Indira ! L’Indira est de retour ! entendit-on bientôt résonner dans les ruelles menant au port.
Et les gamins ensorcelés par cet appel d’abandonner leurs jeux pour suivre les plus grands, tels les enfants d’Hamelin qui, selon la légende médiévale, ont jadis suivi l’envoûtant joueur de flûte.
Le vaisseau amorça un virage pour entrer dans le port et les curieux, négociants ou badauds, se pressaient maintenant sur les quais, au pied du mur d’enceinte, pour saluer le retour du capitaine de La Borie, l’enfant du pays. Il revenait des Indes, les cales du bâtiment chargées de marchandises que son propriétaire allait revendre aux négociants malouins et nantais. L’armateur et propriétaire de l’Indira, Joseph-Marie Kermeur, avait repéré son navire bien avant tout le monde et repliait sa lunette, l’air satisfait, les oreilles pleines des cris de joie de ses concitoyens. À leur instar, il savourait cet instant divin, qui, s’il n’avait pas le piment connu jadis au retour des navires corsaires et de leurs fabuleuses prises, attestait une fois de plus la maîtrise des mers des marins malouins qui faisaient depuis deux siècles la fierté et la prospérité de la ville. À quelques pas derrière lui, le baron Alexis de Thiéville assistait lui aussi à l’arrivée de l’Indira.
— À chacun son trésor, Kermeur ! se disait-il tout bas en observant l’armateur tout proche qui ne l’avait pas remarqué. Tu attends peut-être tes sacs de poivre, d’épices, de café, ton indigo et ton ébène, moi, j’attends celle qui va me permettre de charger tes navires ! Et de sourire du même air satisfait que l’armateur, à la pensée de la plantation de Bois Gagné dont il allait assurer la gestion en tant que tuteur de sa nièce, qu’il s’apprêtait à accueillir comme on réceptionne une marchandise de valeur. Il espérait la voir au plus vite mariée à son fils Octave, redorant ainsi par une habile pirouette le blason de la famille. »
La baie du Diable – Chapitre II – Des blasons à redorer
« La baie du Diable » est disponible en version papier et numérique.
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