Journal 2000
La petite dame du jardin des gaves année 2000/2001.
Petite cubique avec son visage jouflue, ses cheveux sont roux frisés.
Bien mise, habillée de sombre elle marche en pesant sur une jambe puis sur une autre jambe; Elle vient promener son caniche. Elle a été préparatrice en pharmacie, j’aurais pensé qu’elle eut un labeur plus difficile et sans diplômes étant donné l’allure générale, moi aussi j’ai de gros préjugés.
Elle a dit :«Il fallait bien que je travaille j’étais prépartrice en pharmacie, mon mari est mort j’avais quarante ans. J’ai du élever mes quatres enfants seule et je paie aujourd’hui des impôts. Y’en a qui sont aidés alors qu’ils ont pu économiser plus d’argent que moi. Vous trouvez pas que c’est injuste quand même!
J’ai vu la voiture sur le parking. C’est la vôtre? il y en a plein des machins comme ça dedans?.»
Les machins se sont les prospectus publicitaires que je distribue, car au bout du rouleau et dans une forme d’incapacité morale et psychologique je n’arrive plus à m’intégrer parmi mes contemporains.
Je les trouve lourds; comme Louis Ferdinand Celine les appréhendait je les appréhende tout comme lui des êtres lourds si lourds que je ne peux pas entrer en relation avec eux.
Ils sont brutaux, grossiers dans leurs goûts et leurs aspirations; je ne peux plus les sacquer comme on dit.
Alors l’isolement et l’indépendance de ce travail de distribution de publicité pour les grandes surfaces même s’il rend rend plus pauvre que si je restais au rmi (rsa) il me permet de me sauver du chômage, des assistantes sociales et des gens que je ne peux plus voir en peinture et dont je n’ai pas envi de m’embarasser; un boulot normal
m’obligerait à entretenir des relations, des rapports sociaux c’est très largement au dessus de mes forces et je ne peux pas.
Des fois je ne sais plus si c’est parceque je ne veux pas que je ne peux pas ou si c’est parceque je ne peux pas que ne veux pas. Par contre ce que je sais c’est que je veux développer l’écriture et le graphisme et pour cela je dois être libre de penser ce que bon me semble. Pas besoin autour de moi de connards perturbteurs selon moi qui m’abetissent.
Je réponds à la dame en sortant moi même ma chienne récupérée à la spa de ma voiture remplie de prospectus pour la balade : «Oui j’en distribue des machins et oui c’est exact y’en a plein dedans. Oh là là mais vous savez y’en a moins que d’habitude.»
Elle me dit «Ah c’est vous alors qui les avait mis chez moi!»
Moi «Non c’est pas mon secteur vous savez on distribue un peu partout et il y a d’autres distributeurs.»
Elle «Ah alors c’est laposte»
Moi«Non je voulais dire que c’est par secteur et on est plusieurs à travailler pour mediapost (cette société fusionna quelque temps plus tard avec la poste pour devenir mediapost)»
Elle «Et vous habitez ou?» me demande t-elle à nouveau
Moi «Plus haut près de l’Église st Joseph»
Elle «Ah et vous venez de loin! et vous habitez aux immeubles?»
Moi «Non dans la maison de mon petit ami»
Elle «Oui et y’en a qui ont droit aux allocations et pourtant ils ont de l’argent y’en a ils sont pas
dans le besoin! et touchent des prestations sociales, j’en connais ils avaient un hôtel restaurant à Monein
et ils touchent alors qu’ils en ont pas besoin»
Moi «Non mais les dossiers sont étudiés à la caf quand même le social n’aide pas facilement»
Elle «mais certains ont des passes droit je vous assure et vous vivez seule? ah à deux on s’en sort mieux et
votre compagnon a une maison et vous touchez une allocation? vous voyez on pourrez vous donner quelque chose
quand même»
Moi «Oui mais j’ai un toit à l’oeil en quelque sorte je suis avantagée!»
-ps c’est bien là le seul avantage car le gas avec qui j’étais à l’époque, ce dernier ayant un gros poil dans la main proche du gabarit d’une canne et aussi dur qu’impossible à arracher de la main car bien greffé il était un peu handicapé du travail. De plus il était couvert de dêtes donc je vous laisse imaginer la super vie de rêve que je pouvais avoir.
C’est avec mes petits salaires de misère gagnés dans des petits boulots et mon associabilité viscérale proche d’un handicapé psychiatrique que malgré tout je l’ai en parti entretenu et tiré de ses dêtes voire même offert un avenir!.
La dame: «Oui mais quand même moi je paie des impots. Çà vous dégouterez ça si vous payiez des impôts.»
C’est bizarre on dirait que les gens sont des morts vivants comme ils vivent mal au niveau affectif on dirait qu’ils se plaignent`niveau argent. ça sent la frustration rien de plus et ça ne parvient pas à analyser l’origine de la frustation. ça reste frustré et regardant sur la vie des autres.
Moi «Oui bon mais vous avez votre chien heureusement qu’il est là, ils nous aiment inconditionnellement les animaux, eux on les aiment même s’ils ne percevoivent pas d’apl et ne paient pas d’impôt!»
Non je ne lui ai même pas dit ça car je n’aime pas rabaisser les gens et donner des leçon et dire des banalités qui en sont presque ; la dame est con con, il n’y a rien à faire ma vie n’est pas plus brillante que la sienne.
Juste moi je suis désenchantée et utopiste à la fois donc quoi dire ou se situer?
J’ai décrochée depuis longtemps avant même de mettre accroché un jour je me sent pas concernée par toutes ces conneries de prestations sociales et d’impôt car comme je l’ai toujours dit je ne fais pas partie de ce monde; ça aussi c’est une banalité qui en est presque pas une.
Je veux juste avoir un petit taf pour au moins que la société me foutte la paix et après je n’ai pas l’intention de thésauriser je ne suis pas capable de bien gagner ma vie. Donc c’est pas demain la vielle que je risque de payer des impôts.
ps: j’en ai payé plus tard avec des boulots aussi hard que les prospectus!
Je dis juste à la dame: «heureusement que vous l’avez lui! ça fait du bien à vous aussi la petite promenade» en tapotant la tête du petit caniche noir.
La dame : «Oui je sors tant que c’est possible tant qu’il y a la santé je parle pas pour vous vous êtes jeune, je prends trois heure pour le caniche.»
Trois heures pour le caniche ben lui il est heureux au moins il profitte de sa vie de caniche vu que les êtres humains savent profitter de rien!
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