Evident, croyez-vous ? Peut-être, si le roman appartient à un genre pur et dur. Par exemple, une histoire tournant exclusivement autour d’une enquête sur un crime, sera évidemment à classer dans la catégorie polar. Oui, mais il y a polar et polar. Thriller, histoire de détective, roman noir… Selon le ton donné, la dose de noirceur, l’accent mis sur certains aspects, on classera plus volontiers le livre dans un genre ou dans un autre.
Quelle importance, au fait, ce choix du genre ? Je dirais avant tout pour permettre au lecteur de savoir à quoi s’attendre et à ne pas se tromper de cible selon ses propres envies et goûts. Un amateur de romans noirs pourra se trouver très déçu si ce qu’on lui a présenté comme un polar sombre s’avère ressembler davantage à du “cosy mystery”. Le résumé, la couverture, sont autant d’éléments qui doivent permettre au lecteur éventuel de se faire une idée de l’ambiance qui l’attend dans le livre.
Qu’en est-il si le livre flirte allègrement avec deux ou trois genres différents ? Plus difficile de s’y retrouver pour le lecteur mais aussi pour l’auteur ! Pourtant, on peut trouver du fantastique dans un roman contemporain, de la romance dans un polar, une réflexion philosophique poussée dans de la fantasy. Un peu comme pour un cocktail réussi, à mon sens, le plus important est de bien doser chaque genre tout en restant cohérent. J’ai mis du temps à savoir comment définir mon roman “Tuer n’est pas vivre”. Un polar, oui, mais pas seulement. Parce qu’il y a une histoire de séduction qui tient un rôle important. Parce que les relations entre les personnages sont aussi développées que les passages d’action ou tournant autour d’un crime. Cela peut plaire ou rebuter, c’est un pari. Avant tout, j’ai écrit un roman qui me ressemble, avec sincérité. Certains amateurs de polars pourront être déçus, ou pas. Une de mes connaissances qui déteste les polars a accepté de le lire (avec effort) et m’a avoué avoir été surprise d’avoir si bien accroché !
Aujourd’hui j’ai renoncé à vouloir faire entrer à tout prix mon bouquin dans une “case”. Oui, on peut l’apparenter à un polar, parce qu’il se déroule dans les milieux mafieux et que les crimes sont présents au fil des pages. Mais je me suis attachée à travailler les personnages et les relations qui les unissent, ainsi que leur évolution, tout simplement parce que cela me plaisait et cela permettait de donner un côté plus humain à ce qui aurait pu être un polar noir, mais n’en est finalement pas un. La relation entre Wade et Marina tient aussi une place prépondérante dans le roman, sans doute parce que je me suis attachée à eux et à l’évolution de leur relation compliquée, relation qui a permis à bon nombre de lecteurs de s’identifier à eux (et de les trouver sympathiques malgré leurs profils douteux). Réussir à ne pas basculer dans le roman noir ni dans la romance, tout en restant un petit mélange des styles, c’est un exercice à chaque page… Mais un exercice très plaisant !
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Charlotte ADAM

Charlotte ADAM

Je me suis lancée dans l’écriture très jeune, pour mon seul plaisir tout d’abord, puis dans la publication en auto-édition en juillet 2017.