Comment mener des conversations difficiles, avec votre patron, votre femme, votre mari, vos enfants, vos voisins: voici un livre étonnant et très instructif pour apprendre à ne pas mettre votre interlocuteur sur la défensive.

L’été est toujours une période intense au cours de laquelle les familles se réunissent 24 heures sur 24. Il existe de nombreuses occasions qui peuvent conduire à des conflits et des différences, en particulier chez les enfants, et créer une tension inconfortable. Cela peut vous aider à gérer plus facilement les problèmes qui vous dérangent.

Un véritable tour méthodique

Les livres traitant des problèmes de communication dans les relations interpersonnelles sont nombreux, mais peu peuvent nous surprendre. Souvent, tout le monde dit la même chose et la présente différemment. Douglas Stone, Bruce Patton et Sheila Heen font une percée indéniable dans ce domaine avec How to Lead Tough Discussions.

S’appuyant sur des recherches issues de nombreuses disciplines, les auteurs ont pu développer un cadre conceptuel original pour mieux comprendre. Les situations difficiles de toutes sortes et les aborder plus efficacement. Grâce à une approche non-naturelle du passage de l’envie d’être persuadé à l’envi d’apprendre, les auteurs ouvrent la voie à des échanges plus constructifs, fructueux et sereins. Professionnels, chercheurs et toute personne dans leurs relations familiales ou dans leur vie de tous les jours peuvent trouver des clés pratiques pour mieux gérer des situations de conflit très chargées émotionnellement et dans lesquelles ils rencontrent des difficultés de toutes sortes.

Savoir s’adresser à des sujets sensibles

En effet, pour de nombreuses personnes, refuser ou demander une augmentation ou une promotion de salaire, annoncer un licenciement à un salarié ou son départ à son manager, demander à un client ou fournisseur une augmentation ou une baisse de prix, ou simplement dire à un le voisin à table pour arrêter de fumer, ou un serveur que la viande n’est pas cuite comme on le souhaite, est souvent une source d’angoisse profonde voire de nuits blanches.

Comprendre que des discussions difficiles se développent à trois niveaux : factuel, émotionnel, identitaire, ouvre des horizons insoupçonnés dans le diagnostic et le décodage des problèmes rencontrés et des remèdes à prescrire. Mettre en évidence la toxicité de ce qui n’est pas dit, réhabiliter les émotions dans les relations, y compris dans l’entreprise, et souligner le rôle de la dimension identitaire dans les conflits interpersonnels, permet de sortir des sentiers battus face à ces situations. Réaliser comment nous exacerbons nous-mêmes les désaccords, escaladons et précipitons les conversations jusqu’à l’arrêt, et modifions nos approches spontanées en conséquence est une étape essentielle pour éviter l’encombrement et la frustration.

Le manager, le négociateur, le responsable des ressources humaines ou les parents apprendront à mieux initier et démarrer une conversation difficile, afin de ne pas mettre immédiatement l’autre sur la défensive.

Sortit des pistes de bataille

Arrêter de se battre pour montrer qui a raison et qui a tort, accepter une partie responsable au lieu de blâmer systématiquement l’interlocuteur, en évitant la tendance à toujours imaginer le pire à cause de l’effet que le comportement de l’autre. À lui seul, chacun pourra trouver des moyens efficaces pour discuter de l’incontestable.

L’approche décrite pour mener des discussions difficiles est un excellent ajout au best-seller. L’art de négocier les différences. Comment négocier le succès par Roger Fisher et William Ury ? Il est devenu, pour mes collègues du Centre Européen de Négociation et moi-même, un outil de référence incontournable dans nos interventions de conseil, de manager ou de coach. D. Stone, B. Patton et S. Heen nous offrent ici un livre brillant et à bien des égards universel.

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